Investir dans l’immobilier en étant étudiant : rêve ou réalité ? Enquête sur ces investisseurs pas comme les autres

 

Nombreux sont ceux qui estiment que l’immobilier est réservé à certaines castes élitistes, qu’il faut avoir des revenus exorbitants et des économies pharaoniques pour faire l’acquisition d’un bien. Cependant c’est exactement l’inverse qui se produit : 90% des millionnaires le sont devenus grâce à l’immobilier.

Il ne faut donc pas être riche pour investir dans l’immobilier mais investir dans l’immobilier (entre autres) pour devenir riche.

En tenant compte de ceci et en partant du principe que le fait de commencer tôt permet d’optimiser les chances de se constituer un patrimoine immobilier conséquent, nous sommes en droit de nous poser la question suivante : à quel moment peut-on réellement commencer à investir dans l’immobilier ?

Tout d’abord il faut être majeur. Ensuite plus votre situation est stable, meilleures sont vos possibilités. Ainsi un salarié en CDI à 3.000€ nets par mois n’ayant aucun crédit est plus facilement finançable qu’un chômeur percevant 800€ d’allocation et ayant un crédit automobile sur le dos. Ceci étant des solutions existent pour chacun et il n’est pas rare de voir des étudiants fraichement entrés dans la majorité effectuer leurs premières acquisitions immobilières.

 

Le prêt étudiant : pourquoi, pour qui ?

Le prêt étudiant, comme son nom l’indique, s’adresse aux étudiants âgés de 18 à 28 ans et a été mis en place afin de leur permettre de poursuivre leurs études dans le supérieur en prenant en charge à la fois les frais liés à la scolarité elle-même et également les dépenses extra-scolaires telles que l’acquisition d’un véhicule pour se rendre en cours, la location d’un logement, les frais alimentaires, etc.

Schématiquement, l’étudiant va donc voir sa banque et lui demande un prêt pour couvrir les dépenses citées précédemment. Il réalise un estimatif de ses besoins sur une période prédéfinies (correspondant à la durée des études pour lesquelles il demande le prêt en question) puis la banque étudie son dossier et celui de ses garants (ses parents dans la majorité des cas) et décide d’accorder ou non le prêt demandé. S’il est accordé, celui-ci doit être remboursé, soit par l’étudiant boursier ou alternant par exemple, soit par ses parents.

L’étudiant peut également demander un différé de remboursement, c’est-à-dire qu’il ne remboursera la banque qu’à l’issue d’une certaine période. En règle générale il demande un différé allant jusqu’à la fin de ses études afin de ne rembourser son prêt qu’une fois qu’il sera lancé dans la vie active, puisqu’il percevra à ce titre un salaire qui lui permettra de rembourser ses mensualités de crédit.

 

Il faut jouer sur les mots.

Le prêt étudiant est un prêt dit “non affecté“, c’est-à-dire que contrairement à un prêt automobile qui sert à acheter un véhicule désigné, le prêt étudiant n’a pas de destination prédéfinie. Ainsi l’étudiant qui monte son dossier bancaire explique à sa banque qu’il a besoin de x€ pour payer son école, de x€ pour acheter une nouvelle voiture et de x€ pour payer la location de son logement pendant les 2 années d’études qu’il lui reste. Mais la banque ne vérifie pas que l’étudiant achète bien ce pour quoi il a demandé son prêt : elle se contente de verser les x€ directement sur son compte. A partir de là et dans la mesure où l’étudiant fait ce qu’il veut de son argent, rien ne l’empêche d’utiliser les fonds afin d’investir dans l’immobilier. Tant qu’il paye ses mensualités de crédit, cela ne change absolument rien pour la banque.

Et puisqu’il n’est écrit nulle part qu’un prêt étudiant ne peut avoir vocation à acquérir un bien immobilier, pourquoi s’en priver ?

 

Vous et votre conscience.

Si rien n’indique noir sur blanc que vous ne pouvez pas utiliser votre prêt étudiant dans l’optique d’acheter un bien immobilier, vous ne pouvez cependant pas obtenir votre financement sur cet argument. Ainsi, si vous voulez réaliser une telle opération, il vous faudra “mentir“ à votre banquier à propos de ce à quoi vous serviront les fonds qu’il vous attribuera. Si vous avez un projet immobilier en tête et que votre seule option est le prêt étudiant, n’en dites pas un mot à votre conseiller bancaire.

Expliquez-lui plutôt que vous souhaitez poursuivre vos études dans une école réputée très onéreuse (même si vous n’avez aucune intention d’y aller), que vous devez changer de voiture (même si la vôtre roule très bien), que vous serez obligé de louer un appartement et de vous nourrir pendant toute la durée de vos études (même si vous comptez rester chez vos parents pendant cette période). Bref, dites au banquier ce qu’il veut entendre, car pour lui le genre d’étudiant ainsi décrit est un profil idéal qui vivra à crédit toute sa vie et rapportera donc énormément d’argent à la banque pour laquelle il travaille.

Une fois le prêt obtenu rien ne vous empêche de “changer d’avis“ et de laisser tomber l’école de prestige et la voiture neuve au détriment d’un investissement immobilier…

 

Peut-on vraiment acheter un appartement avec un prêt étudiant ?

Il existe différents types de prêts étudiants. Les premiers, garantis par l’État, n’excèdent pas 15.000€. L’avantage est que vous n’avez pas besoin de garant car l’État se porte caution pour vous. Cependant avec 15.000€ on ne va pas bien loin quand il s’agit d’immobilier, si ce n’est un parking ou un 9m2.

C’est pour cela qu’il faut favoriser les prêts émis par des banques privées et cautionnés par vos parents, car ceux-ci peuvent aller jusqu’à 75.000€ sur 12 ans, ce qui est nettement plus intéressant pour acheter un bien immobilier… Car avec 75.000€, nombreuses sont les villes dans lesquelles il est possible d’acheter un bien immobilier qui ne soit pas une chambre de bonne.

Il vous faut ensuite faire vos calculs de rentabilité, choisir une stratégie d’investissement qui vous corresponde et soit en adéquation avec vos moyens, vos compétences, vos objectifs et le temps que vous pouvez y consacrer. Il vous faut en outre opter pour une stratégie fiscale adaptée à votre situation et à la stratégie d’investissement que vous avez préalablement définie, afin de ne pas donner la moitié de vos revenus au fisc.

Pour tous ces points il faut des heures de recherches, de simulations et de chiffrages et ce n’est pas l’objet de cet article, qui a uniquement pour vocation de vous prouver qu’il est possible d’investir dans l’immobilier en tant qu’étudiant. Et si vous doutez encore de cela, voici une interview de Florian Serbini, CGP associé et co-fondateur du cabinet CSCONSULTING. Réalisée en février 2017 par un autre investisseur immobilier, celle-ci vous explique comment Florian a fait pour investir dans l’immobilier en février 2016 en étant étudiant : VIDÉO – INVESTIR DANS L’IMMOBILIER EN ÉTANT ÉTUDIANT

 

 

Alexandre Castro

CGP associé – CSConsulting SARL